HOMELIE DU MARDI DE LA IXe SEMAINE DU TEMPS ORDINAIRE ANNEE A

          L’épisode de l’aveuglement de Tobith dans la première lecture de ce jour nous amène à réfléchir sur la question du juste qui reste fidèle à Dieu au cœur de sa souffrance. Tobith un homme juste, fidèle, avec une intégrité morale est aveugle et réduit à la misère. Comment comprendre cette cécité si dans l’expérience du peuple d’Israël la souffrance  est le salaire du péché. La souffrance de Tobith démontre que la souffrance n’est toujours pas liée au péché.

            Tobith, au cœur de sa souffrance ne s’apitoie sur son sort, ou ne se rebelle pas contre Dieu. Mieux il reste toujours fidèle à Dieu et observe ses prescriptions. C’est pourquoi il rappelle à sa femme qu’ils « ne sont pas autorisés à manger quoi que ce soit de volé ».  Quelle belle leçon de vie pour notre monde d’aujourd’hui où s’octroyer le bien d’autrui est un acte de bravoure. Un monde où les anti- valeurs paraissent être des valeurs et la conscience humaine a perdu le sens du péché.

            Combien de veuves sont jetées dans la rue après le décès de leur mari à cause des biens matériels ? Combien d’orphelins abandonnés, rejetés à cause des biens de leur parent défunt ? Combien d’employés (filles de ménage, vigiles, chauffeurs…) dont le salaire est confisqué ou réduit par l’employeur pour des raisons dont lui et lui seul connait ? Combien de fois les plus forts, les riches accroissent  leur richesse ou pouvoir en confisquant le peu des pauvres et cela à tous les niveaux. Toutes  les occasions sont désormais bonne pour faire chuter, détruire l’autre pour quelques avantages. Tout est confus.   

            C’est donc au cœur de cette confusion que le Christ dans l’évangile, face au piège des pharisiens rappelle qu’à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.  Car du moment où il y a confusion, le désordre s’installe. C’est pourquoi le Christ nous invite à assumer notre responsabilité en tant que citoyen puisque nous appartenons à une Cité et en tant que fils ou fille de Dieu. Nous sommes invités à ne pas être des artisans du désordre et de la malhonnête.   

            Que Dieu qui est auteur de toute vraie justice nous aide à observer ses préceptes afin de bâtir un monde juste et fraternel.

 

 Mathieu DIZINDJE,

Vicaire à la paroisse notre Dame de la Garde de Nouamou