Homélie du 7ème Dimanche de Pâques Année A

Ac 1, 12-14 ; 16Ps 26 (27) 1P 4,13-16 ; Jn 17,1b-11a

Frères et sœurs, la liturgie de ce 7ème Dimanche de pâques année A, comme au son d’un tam-tam parleur, nous invite à la prière dans l’attente de la Pentecôte avec l’effusion de l’Esprit Saint en ligne de mire.

En effet, dans la première lecture : « les disciples d’un même cœur étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus et avec ses frères ». Dans cette péricope, les maitres mots que sont : ‘’ même cœur’’, assidus’’, prière ‘’ traduisent les dispositions à adopter, en prélude de la Pentecôte. Cela n’est pas une question de spiritualité, basée sur la superfluidité d’un quelconque rite religieux, mais d’un sérieux temps d’attente de prière incluant les disciples et la Vierge Marie en vue de recevoir l’Esprit Saint.

Mieux, avec eux, nous comprenons que pour l’univers chrétien, il ne suffit pas seulement de croire sans prier ou de prier sans croire. Dans l’attente de la Pentecôte, la paire « foi » et « prière » apparait inévitable pour qui veut recevoir l’Esprit Saint. Ainsi, nous comprenons la nécessité de l’attente de L’Esprit Saint dans la prière et la foi. Car il ne peut demeurer dans un cœur qui refuse de prier et de croire d’où l’urgence de la prière et de la foi.

Jésus avant son Ascension avait promis aux apôtres l’Esprit Saint. Face à cette promesse, il ne faut pas rester statique mais demeurer dans la prière en attendant son accomplissement. Ne dit-on pas qu’une promesse est une dette ? La prière devient donc comme ce catalyseur dans la réalisation de la promesse. Aujourd’hui, dans la prière dite sacerdotale, Jésus intercède auprès de son père pour que ceux qui ont cru en lui soient consacrés. Ce dimanche suit l’Ascension et précède la Pentecôte. Désormais les disciples devront accomplir la mission qui leur est confié par le Christ en son absence mais surtout avec la présence l’Esprit Saint.

Toutefois, pour nous qui attendons l’effusion du Saint Esprit, il peut arriver que certains ennemis surgissent dans l’attente du Paraclet : la paresse, la distraction, l’agitation intérieure pour ne citer que ceux-là. En tout cela, il nous faut garder espoir et ne pas baisser les bras mais tirer la force et la consolation intérieure dans l’invocation de l’Esprit Saint et la Sainte Messe qui est le sommet de toute la vie chrétienne.

Dans la deuxième lecture, l’apôtre Pierre invite les chrétiens à rendre constamment gloire à Dieu, même dans l’adversité : « Qu’aucun entre vous, en effet, n’ait à souffrir comme meurtrier, voleur, malfaiteur, ou comme agitateur. Mais si c’est comme chrétien qu’il, n’ai de honte, et qu’il rende gloire à Dieu ». Pierre, le chef des apôtres nous invitent à souffrir en tant que chrétien pour une bonne cause et non pas comme malfaiteur ou agitateur. En effet, la foi chrétienne au-delà des épreuves de la souffrance, nous fait participer à la souffrance du Christ afin de prendre part à sa résurrection.

Frères et sœurs, que rien ne puisse entraver notre joie de vivre en Dieu, dans une Afrique où avancent à un rythme sans frein la pauvreté, sans oublier le problème crucial de la faim qui provoque des crises dans les villes et villages. L’Afrique dans un tel contexte cri : « Au secours ! Je meurs », à ceux qui ont une oreille attentive. Notre Afrique gémit sur elle-même, parce que surchargée des déchets toxiques, et ballotée par tout sorte de vent contraire à son épanouissement. La nature en Afrique, est déséquilibrée, tout est confus et confondus comme au modèle du pagne « n’zassa », c’est-à-dire raccommodé de plusieurs modes de tissus, dont l’on ne sait finalement pas le modèle principal.

Nous devons garder espoir tout en demeurant dans la prière, car en Jésus-Christ, l’Amour est plus fort que la souffrance mais cette victoire du Christ sur la souffrance ne supprime pas les épreuves de la vie terrestre. Ainsi, si nous sommes consolés dans le Christ, nous pourrons nous consolés les uns les autres. Cette réflexion peut être déconcertante pour nos contemporains. En cela, souvenons-nous des béatitudes, le Christ lui-même nous promet le véritable bonheur « Heureux les artisans de paix ils seront appelés fils de Dieu » (Cf. Mt5,9) celui d’être en paix avec Dieu et soit même.

Dans l’évangile, nous ne pouvons présenter tout ce qui est merveilleux dans ce chapitre johannique. Cependant, Jésus parle de façon incessante de sa glorification ; cette gloire n’est pas la recherche d’une puissance dominatrice à la manière de ce monde, mais plutôt une gloire qui honore à la fois le Père et l’Esprit Saint.

Cela dit, chaque fois qu’une personne, à cause de la charité, fait du bien à son prochain en assistant par exemple un malade, une veuve ou un orphelin il manifeste  la gloire de Dieu cachée en lui. Saint Irénée ne dit-il pas que :« La gloire de Dieu c’est l’homme debout ! » autrement dit l’homme capable de Dieu, de l’imiter.

Parfois la tentation nous pousse à confondre la gloire de ce monde à celle de Dieu. Gloire mondaine, où l’on prend le vrai pour le semblable et le semblable pour le vrai, gloire mondaine où l’on se croit gagnant là où il se perd, et se croit perdu là où il est gagnant. Gloire mondaine qui offre des paradis artificiels à ceux qui préfèrent la vie facile se gardant loin de la croix du Christ. Gloire mondaine qui projette ses satellites diaboliques au cœur du plaisir à outrance, du sexe désordonné et du pouvoir et de l’argent facile.

Frères et sœurs, en quoi mettons-nous notre gloire ? En Christ, notre priorité est de glorifier le Père, en étant sels et lumières qui donnent du goût au monde et non pas fuir ce monde. Jésus lui-même a côtoyé les personnes vulnérables. Il se laissait toucher par les prostitués, entrait chez des publicains, il prit la défense de la femme adultère prête à être lapidée en disant : « Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre ». Pour marcher dans les pas du Christ, nous devons toujours nous poser la question suivante : Si Jésus était à notre place qu’aurais-je fait ? Agissons donc pour la gloire de Dieu et pour le salut du monde. Amen.

 

Père ANE Kouao Tanoh Aimé,

Vicaire à la paroisse Saint Jean-Baptiste d'Adjouffou.